Les facteurs ayant des effets positifs/néfastes sur nos capacités d’apprentissage

Avoir une bonne mémoire est conditionné par l’âge, l’alimentation ou la génétique, mais aussi par divers facteurs environnementaux.
Quels sont les facteurs ayant des effets positifs ou néfastes sur nos capacités d’apprentissage ?

 Les facteurs environnementaux :

 

Le sommeil

Vous le savez sans doute déjà mais le sommeil joue un rôle décisif dans la mémoire !

Une étude de 2008 a testé des enfants qui devaient apprendre des paires de mots. Certains apprenaient les mots avant d’aller dormir le soir et étaient testés le lendemain matin et d’autres apprenaient le matin et étaient testés le soir même.

Les enfants dont l’apprentissage s’effectue avant le sommeil obtiennent en moyenne de bien meilleurs résultats.

Pour résumer, le sommeil permet de consolider notre apprentissage.

La stimulation cognitive

La stimulation cognitive comprend toutes les activités qui permettent de solliciter vos fonctions cognitives. Cela permet d’améliorer et surtout de maintenir les capacités de votre cerveau. La stimulation cognitive inclut par exemple : écouter de la musique, lire des livres, jouer, aller au cinéma ou au musée, ou même faire des grilles de mots croisés.
Les études montrent que plus un enfant est stimulé, plus sa mémoire se développe et plus vite il développe ses capacités linguistiques.

Les soins parentaux et le lien social

Les démonstrations affectives sont très importantes surtout pour les jeunes enfants, cela permet d’améliorer son estime de soi et de réduire l’anxiété. Mais le lien social et une vie sociale active jouent également un rôle protecteur sur les capacités cognitives des adultes.

Les démonstrations affectives, l’écoute et les liens sociaux ont un impact très fort sur nos capacités cognitives et notamment notre mémoire.

 

 

Les facteurs psychosociaux :

Les facteurs psychosociaux sont nombreux et variés : stress, dépression, événements de vie négatifs, engagement social, soutien social, niveau d’éducation, activités intellectuellement stimulantes, habitudes de vie, etc.

Depuis 2020, nous expérimentons tous, et surtout les jeunes élèves et étudiants, les répercussions négatives de la pandémie sur l’apprentissage (dégradations des conditions de travail, stress, perte de motivation).

Un exemple de facteur psychosocial intervenant dans nos capacités de mémorisation est celui lié à « la menace du stéréotype social ». L’un des stéréotypes sociaux est que la vieillesse est associée au déclin cognitif. Ce stéréotype qu’on n’y adhère ou non engendre des pensées intrusives et des prédictions qui deviennent autoréalisatrices : « Ah mais je perds la tête ! Je deviens sénile…» « je ne peux pas faire de sport », « je perds la mémoire » etc.

Ce stéréotype négatif peut lui-même contribuer à la performance mnésique, voire accélérer les effets du vieillissement (Levy et al, 2012 ;  Bouazzaoui et al, 2015). Plutôt que de pathologiser le vieillissement, privilégions une approche qui maximise une perception positive de celui-ci.

Les facteurs psycho-affectifs :

Enfin, certains facteurs psycho-affectifs ont un impact direct sur l’engagement et l’effort que l’on peut déployer pour la réalisation d’une tâche demandant de la réflexion et de la mémoire.
Par exemple, quelqu’un ayant une faible estime de soi peut ressentir de l’anxiété et risque par  conséquent d’obtenir de moins bonnes performances lors d’un test de mémorisation simplement parce qu’elle pense qu’elle a moins de capacités ou est moins douée que les autres.
(Rappaport et al, 2021 ; Pinard et al, 2019). C’est un biais auquel les étudiants sont souvent confrontés : « je suis mauvais en maths, donc je vais avoir une mauvaise note… »

Comment diminuer l’affaiblissement de nos capacités d’apprentissage ?

Il est aujourd’hui admis que le vieillissement s’accompagne du déclin de plusieurs fonctions cognitives majeures (ex : la mémoire de travail, la mémoire épisodique) mais d’un autre côté d’autres fonctions (ex : mémoire sémantique) sont préservées et même se développent grâce à notre plasticité cérébrale et cognitive !

Nos capacités dépendent également de notre style de vie. Le sport et l’activité physique sont très bénéfiques. Lors d’un effort physique des endorphines, de la dopamine, de la sérotonine se libèrent. Ces neurotransmetteurs provoquent la diminution des niveaux de stress et d’anxiété, et donnent un état de bien-être.

Un régime alimentaire équilibré, un bon sommeil, des activités sociales variées et stimulantes, et des loisirs sont donc essentiels à la préservation et au développement de nos capacités cérébrales.

Bibliographie :
  • Backhaus J. et al. (2008). Immediate as well as delayed post learning sleep but not wakefulness enhances declarative memory consolidation in children. Neurobiol Learn Mem ; 89 : 76-80
  • Bouazzaoui B. et al (2016). Ageing-related stereotypes in memory: when the beliefs come true. Memory, 24, 659-668.
  • Levy B. R. et al (2012). Memory shaped by age stereotypes over time. The Journals of Gerontology Series B: Psychological Sciences and Social Sciences, 67, 432-436.
  • Rappaport Lance M. et al (2021). Emotional and interpersonal mechanisms in community SSRI treatment of social anxiety disorder Journal of psychiatry & neuroscience.
  • Florent Pinard et al. (2019), « Effet de l’estime de soi sur la mémoire épisodique (rappel et reconnaissance) et la métamémoire (jugements FOK) chez les étudiants », L’Année psychologique.