Mon gros problème quand j’apprends, c’est que souvent je pense à autre chose. Je suis en train de travailler sur mon cours sans distraction, mais je pense à autre chose. Avez-vous des solutions ?

C’est la question que m’a posé Maelys, une de mes élèves qui a participé à un de mes stages dédiés aux études de santé.

Effectivement il y a des solutions mais pas de formule magique. Si ce problème d’attention vous est familier, si vous vous destinez à des études de santé, ou à un concours qui demande de l’exigence, si vous êtes parents, enseignants ou juste curieux, j’espère que ma réponse vous sera utile !

Ces pensés “parasites” peuvent être amplifiées par au moins trois facteurs :

  • La fatigue
  • La monotonie
  • La perte de sens

Contexte

Pour ceux qui ne connaissent pas les conditions de travail d’un élève en 1ère année de médecine : en général ils ont cours à la fac le matin, pendant 4 h. Puis l’après-midi ils travaillent 6 h à 8 h. Soit 10 h à 12 h de travail quotidien !

Mais comme ils optimisent tout, on pense rarement au coté très exigeant que cette année impose également à l’entourage, principalement les parents.

Avant de rentrer dans les détails, ma réponse se base notamment sur deux sources :
1. La pratique, personnelle et les retours des anciens élèves que j’ai interviewés.
2. Des aspects théoriques qui m’ont nourri. Si vous ne connaissez pas encore Jean-Philippe LACHAUX, je vous invite à aller voir des vidéos le concernant ou à lire son livre “Les petites bulles de l’attention – Se concentrer dans un monde de distractions“.

1 / La fatigue

✔ Si c’est un problème qui n’arrive pas le matin au réveil, mais bien après plusieurs heures, l’après-midi ou en soirée, cela peut-être lié à la fatigue.

Quelques pistes :
– Expérimenter la micro-sieste (après manger, ou à un autre moment) mais moins de 20 min.
Adapter son travail à l’énergie disponible. En effet, certaines activités sont moins fatigantes que d’autres. Il est donc important de réaliser les activités exigeantes au moment de notre pic d’énergie.
– Si ce n’est pas toujours possible, découper l’activité en sous-partie sera peut-être plus facile.

✔ Si la fatigue est présente dès le matin. Le rythme est peut-être trop exigeant. L’endurance n’est pas encore présente. Un travail plus global est à prévoir :
Revoir l’heure du couché ou l’heure du réveil pour se sentir en forme dès le matin.
– Pensez à l’alimentation (repas équilibré, vitamines, etc.)
Manque de mouvements, intégrer des déplacement actifs (vélo, marche) ou une activité sportive de manière hebdomadaire.

 2 / trop de monotonie

Rester assis sur une chaise toute la journée est fatigant d’autant plus si on travaille et on vit dans le même endroit.

Cette monotonie était exacerbée pendant le confinement où les étudiants mangeaient, dormaient, apprenaient et vivaient au même endroit !

L’idée, c’est bien de casser ce rythme.

Plusieurs pistes :
1. Fractionner son travail : petit temps de travail et petite pause (exemple la méthode POMODORO)
2. Changer ses modalités d’apprentissage. J’ai des élèves qui alternent des temps où ils apprennent assis, puis se lèvent (toutes les 10 min). Ce changement de posture entraîne aussi un changement des « gestes mentaux ». Ils ne font pas la même chose lorsqu’ils sont assis que debout.
3. Changer de lieu de travail. Autres pièces dans la maison, la bibliothèque universitaire, ou autre…

Sur le point 1 : temps de travail, ça me fait penser à ce retour d’expérience d’une mère avec son fils de 5e. Il avait une rédaction à faire. Pendant 1h, il a essayé de travailler mais il n’avançait pas. Elle lui a proposé le plan suivant :
Pendant 6 min, il rédige.
Puis pendant 2 min, il devait courir autour de la maison.
En 3 séances de 6 min, il a réussi à terminer sa rédaction !

Évidemment en médecine, les élèves restent concentrés plus longtemps, certains plus de 2h. Mais tous les élèves (du collège à l’université) que je rencontre, ont un point commun : ils ont besoin de créer du rythme pour y arriver.

3 / La perte de sens

Quand on a la tête dans le guidon, il est facile de perdre le sens de notre action ! Si on ne sait plus pourquoi on se lève le matin, on perd le feu intérieur et donc sa capacité de travail.

Les pistes :

1. L’exercice d’écrire son rêve ou de le dessiner peut aider. En effet, lorsqu’on prend le temps de se connecter à ce rêve, on ressent une grande énergie. Idéalement je vous invite à l’afficher pour le voir le plus souvent possible et maintenir cette énergie dans le temps !
2. Noter une citation. Parfois il est difficile de verbaliser son rêve, mais certaines citations nous inspirent un grand enthousiasme. Notez cette citation et affichez-la pour la voir le plus souvent. Vous pouvez changer de citation régulièrement.

Évidemment ces 3 leviers peuvent fonctionner en synergie. Et plus vous commencez à vous entraîner tôt et mieux c’est 😉.

Et enfin, si vous souhaitez voir les interviews et conseils d’élèves en études de santé 👉 Voir la playlist sur Youtube